Jules Noël(1815-1881)
LA FALAISE DE QUIBERON Après avoir été élève de Charioux à Brest et tenté une brève expérience à Paris, Jules Noël fut professeur de dessin à Saint-Paul-de-Léon, puis à Lorient (en 1836) et enfin à Nantes (en 1839). En 1847, il revint à Paris à la suite de sa nomination
au lycée Henri IV où il enseigna jusqu’à sa
retraite en 1874. Si la carrière de ce peintre de marines et de paysages fut essentiellement parisienne, sa thématique elle, fut très provinciale, pour ne pas dire entièrement bretonne et à moindre degré normande. Son dessin plein de verve, ses aquarelles d’une exécution spirituelle et ses peintures d’une palette que Baudelaire jugeait "belle et claire, rayonnante et gaie" en font un artiste très attachant. La falaise de Quiberon témoigne peut-être du désir
de Jules Noël, paysagiste, de tendre vers la figure humaine, voire
même vers la peinture d’histoire. Ce navire est-il vraiment attendu sur la côte et correspond-il à l’évocation d’un événement connu ? Quoi qu’il en soit, il est important de noter l’esprit avec lequel Jules Noël a troussé hardiment ses personnages dans une atmosphère détendue de partie de campagne à la Lancret, et avec une touche colorée jouant d’effet brillant à la Fragonnard. Il est vrai que Jules Noël était assez coutumier du fait et qu’il saisissait toutes les occasions de repousser les limites d’un genre qui lui paraissait peut-être monotone. Sa grande aisance picturale lui permettait ainsi de concilier avec un réel bonheur des ambitions très différentes
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